La campagne sur le terrain: Expérience de candidats

L’équipe de relations gouvernementales d’Hill+Knowlton Stratégies (H+K) compte dans ses rangs de véritables experts qui ont travaillé comme personnel politique dans un cabinet ministériel et à l’Assemblée nationale. Nous vous présentons ci-dessous l’expérience que deux de nos collègues ont vécu sur le terrain comme candidat lors d’une campagne électorale.

Pascal Chouinard, directeur de compte chez Hill+Knowlton Stratégies

Pascal a un curriculum vitae bien garni, avec entre autres 7 années passées dans le milieu politique, dont une expérience à titre de candidat à l’élection générale de 2012, où il se présentait pour le Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription de René-Lévesque sur la Côte-Nord.

Quelles ont été tes motivations à te présenter comme candidat ?

Je suis natif de Pointe-Lebel, près de Baie-Comeau, au cœur de la circonscription de René-Lévesque. En 2012, je travaillais en cabinet politique dans le gouvernement libéral de Jean Charest et le parti m’a approché sachant que j’étais natif de la Côte-Nord pour me présenter dans cette région. Je savais qu’en me présentant dans René-Lévesque pour le Parti Libéral du Québec, ça ne serait pas une campagne facile, mais j’ai surtout vu l’opportunité de vivre une expérience personnelle enrichissante et d’aller rencontrer les gens de chez nous, sur le terrain.

Comment s’est déroulée ta campagne électorale ?

En 2012, le PLQ était au cœur de la promotion du Plan Nord, pour lequel j’ai toujours eu beaucoup d’intérêt puisque je viens de la Côte-Nord. J’ai eu la chance de parcourir la circonscription et de parler du projet, mais surtout de voir comment, sur le terrain, les gens le percevaient. Sur la Côte-Nord, c’était principalement la circonscription voisine de Duplessis (qui comprend notamment les villes de Port-Cartier, Sept-Îles et Fermont), qui allaient en tirer profit à court terme. Les citoyens de ma circonscription se sentaient donc un peu délaissés.

Pour cette campagne, le jour du vote était prévu pour le 4 septembre 2012. Nous avons donc fait campagne durant l’été, un moment très touristique pour la région. J’ai ainsi eu l’occasion de participer à beaucoup d’activités et de festivals en parcourant l’ensemble de la circonscription, ce qui m’a permis de rencontrer les gens dans une atmosphère festive.

Une journée-type de campagne diffère beaucoup en fonction de la circonscription et des secteurs de sa circonscription, que ce soit en milieu urbain ou rural par exemple. Ma circonscription faisait plus de 300 km de long, ce qui nécessite plus de temps pour la parcourir pour un candidat et qui nécessite plus d’organisation également. Puisque cette circonscription n’était pas de tendance libérale, j’avais une très petite équipe de campagne, c’est-à-dire moi et mon agent officiel !

Cela a fait en sorte que j’ai dû tout faire moi-même, alors que ces tâches peuvent être divisées entre trois ou quatre personnes dans certaines équipes de campagne. J’ai fait mes itinéraires, mon horaire, posé mes propres pancartes, géré mes communications, etc. J’ai aussi vécu beaucoup de premières : lorsque tu t’adresses à une chambre de commerce pour la première fois, tes premières entrevues, tes premiers débats avec les autres candidats locaux. J’ai même représenté le PLQ lors d’un débat à Radio-Canada Est-du-Québec !

J’ai passé la soirée électorale avec les gens que je connaissais, ceux qui m’ont soutenu durant ma campagne. Je me souviens que c’était une belle soirée. Certains prévoyaient une défaite cuisante du PLQ au niveau national, alors que le parti a finalement été élu comme première opposition.  

Quel serait ton conseil pour mener une bonne campagne électorale ?

L’important, c’est d’apprendre à gérer son énergie. Les campagnes sont longues. Il est important d’avoir autant d’énergie au jour 1 de la campagne que le jour du vote. Rendu à la mi-campagne, il est important de prendre une journée ou deux pour soi, pour se refaire des forces et espérer finir la campagne avec toute la vigueur nécessaire.

En un mot, comment décrirais-tu une campagne électorale ?

 Bonheur.

 

 

L’expérience politique de Pascal :

·      2010-2012 : Attaché politique au cabinet du Ministre de la Santé et des Services sociaux

·      2014-2015 : Attaché politique au cabinet du Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science

·      2015-2017 : Conseiller spécial au cabinet du Ministre de la Santé et des Services sociaux

 


Martin Briand
, directeur principal, affaires publiques et gouvernementales chez Hill+Knowlton Stratégies

Fort de ses 6 années d’expérience en politique sur les dossiers de santé et services sociaux, Martin nous raconte ses deux expériences de campagne électorale en tant que candidat pour l’ADQ dans Jean-Talon, soit celle de l’élection partielle en septembre 2008 et l’élection générale en décembre 2008, lors desquelles il s’est mesuré à l’ancien ministre de la santé, Yves Bolduc.

Quelles ont été tes motivations à te présenter comme candidat ?

J’ai fait deux élections en tant que candidat pour l’ADQ, et les deux campagnes se sont déroulées dans un intervalle de 3 mois. Yves Bolduc avait été nommé ministre de la Santé non élu en juin 2008. Afin de pouvoir siéger, il devait être élu et c’est la raison pour laquelle une élection partielle s’est tenue dans la circonscription de Jean-Talon au mois de septembre. Puisque j’étais alors conseiller à la santé pour l’ADQ, le parti voulait que je sois candidat afin que je puisse mettre au défi M. Bolduc sur les différents dossiers en santé. L’élection partielle de septembre 2008 était la seule qui se déroulait au Québec à ce moment, ce fut donc une campagne très suivie dans les médias.

Pour moi, le fait d’avoir affronté le ministre de la Santé, et ce, deux fois plutôt qu’une dans le cadre d’une campagne électorale, est un souvenir mémorable. C’était un comté où les chances de victoires pour l’ADQ étaient faibles et je n’avais donc pas d’attentes particulières. Je l’ai donc surtout fait pour vivre l’expérience, que j’ai adoré d’ailleurs.

Comment s’est déroulée ta campagne électorale ?

Pour avoir vécu les deux, le contexte de l’élection partielle en septembre 2008 était bien différent de celui de l’élection générale du mois de décembre suivant. Lors d’une partielle, puisque tu es le seul candidat du parti qui est en campagne, toute l’équipe du parti est derrière toi. En élection générale, le personnel est principalement mobilisé dans les comtés où les chances sont meilleures, alors que les candidats dans les autres comtés sont moins entourés. Par exemple, lors de la partielle, j’avais une directrice de campagne, une attachée de presse, une responsable de l’agenda…ce qui ne fut pas le cas lors de l’élection générale.

Être candidat lors d’une campagne électorale est une expérience enrichissante, mais pas toujours évidente. Par exemple, faire du porte-à-porte et aller cogner chez les gens pour leur parler apporte son lot de surprises. Bien souvent, j’ai été agréablement surpris de l’accueil et les gens apprécient qu’un candidat se déplace pour les rencontrer. D’autres fois, l’accueil est moins chaleureux, notamment lorsqu’un citoyen découvre que la personne qui se trouve dans son cadre de porte représente un parti qu’il apprécie moins, il peut te faire comprendre assez rapidement que tu n’es pas le bienvenu !

Un souvenir mémorable que j’ai de l’élection partielle de 2008 est lors de la soirée électorale. Nous écoutions Radio-Canada et Bernard Derome animait la soirée. Il a dit, en parlant de moi : « Il est un jeune père de famille et on dit qu’il a beaucoup de talent ». C’est impressionnant et très flatteur quand ça vient de Bernard Derome !

Quel serait ton conseil pour mener une bonne campagne électorale ?

Plutôt une bonne anecdote, qui démontre qu’on ne sait jamais où une campagne électorale peut nous mener. En mars 2010, 2 ans après l’élection générale, il ne restait plus que 4 des 7 députés de l’ADQ qui avaient été élus en décembre 2008. Pour ma part, j’étais retourné à mon poste de conseiller sur les dossiers en santé. Gérard Deltell, alors chef de l’ADQ, est venu m’annoncer que le parti n’avait malheureusement plus les fonds pour me payer. Il était triste de devoir se départir d’un membre du personnel politique, mais encore plus du fait que j’étais un père de famille avec 4 enfants. Il a donc fait des démarches et s’est retrouvé à en parler avec le ministre de la Santé de l’époque, Yves Bolduc, pour savoir s’il serait intéressé à m’avoir dans son équipe. Nous avions toujours gardé une relation cordiale et respectueuse avec mon ancien adversaire de campagne, et c’est ainsi qu’on s’est retrouvé à travailler ensemble, 2 ans après notre premier face à face électoral ! Yves et moi travaillons encore ensemble aujourd’hui, puisqu’il s’est joint à l’équipe d’H+K Stratégies en 2015 comme conseiller spécial.

En un mot, comment décrirais-tu une campagne électorale ?

Captivant.

 

 

L’expérience politique de Martin :

·      2007-2008 – Recherchiste, dossiers santé et services sociaux

·      2009-2010 – Conseiller, dossiers santé

·      2010-2012 – Conseiller spécial, cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux