La campagne sur le terrain : L’expérience de nos experts

L’équipe de relations gouvernementales d’H+K Stratégies compte dans ses rangs de véritables experts, qui ont tous déjà travaillé comme personnel politique dans un cabinet ministériel et à l’Assemblée nationale. Ils ont également pris part activement à différentes campagnes électorales. Nous vous présentons ci-dessous l’expérience que trois de nos collègues ont vécu dans le feu de l’action d’une campagne électorale au Québec.

GÉRALD BELLEY, vice-président chez H+K Stratégies

Durant la campagne électorale provinciale de 1994, Gérald était directeur adjoint au cabinet de Claude Ryan, qui était alors ministre des Affaires municipales dans le gouvernement libéral de Robert Bourassa et Daniel Johnson.

Le rôle de Gérald se déroulait donc principalement dans les bureaux du ministère des Affaires municipales, afin d’assurer le travail au cabinet ministériel tout au long de la campagne pour que les différents services offerts à la population se poursuivent.

Comment se sent-on à la veille du déclenchement d’une campagne électorale ?

En 1994, l’usure du pouvoir se faisait sentir après un certain nombre d’années de gouvernement libéral. La population souhaitait un changement et nous l’avons senti dès le début de la campagne. C’est un drôle état d’esprit que de se lancer dans une campagne électorale avec peu d’espoir de gagner l’élection, mais sans laisser cela transparaître. Mais lorsqu’on embarque dans la campagne, on réussit toujours à se convaincre que l’on peut gagner !

Quel est le rôle le plus important dans une équipe de campagne ?

Il faut avoir une bonne équipe de manière générale, et outre le candidat ou la candidate, le rôle du directeur ou de la directrice de campagne est primordial, puisqu’il ou elle dirige l’équipe et assure le lien entre le parti au niveau national et le candidat au niveau régional.

Les équipes de campagnes sont assez structurées, avec comme postes stratégiques le directeur de campagne, le responsable des communications, le responsable de l’agenda et le responsable des médias sociaux. Il y a aussi un responsable des bénévoles qui s’occupe de trouver le bon rôle à tous les bénévoles. Et finalement, il y a ce que l’on appelle l’agent officiel, qui est la personne qui assure le respect des politiques et de la règlementation du Directeur général des élections (DGE). Il y a un nombre incroyable de règles à respecter lors d’une campagne, que ce soit au niveau du financement, des personnes ayant le droit de voter, les personnes pouvant être embauché pendant la campagne, etc. C’est donc l’agent officiel qui gère ce volet et qui est également la personne responsable des finances, qui se doivent d’être suivies de manière très serrée.

Bref, une équipe de campagne, c’est comme se monter une petite entreprise pour une trentaine de jours, et démanteler tout ça après !

Que fait une équipe de campagne le jour de l’élection ?

Dès le matin, on prend nos listes téléphoniques et on identifie nos sympathisants pour, comme on dit dans le jargon du métier, « faire sortir le vote », c’est-à-dire s’assurer que nos gens vont aller voter pour notre candidat. Il faut aussi planifier les interventions que fera notre candidat au courant de la journée, en prévoyant le parcours qu’il fera pour aller aux endroits stratégiques du comté. 

Tout au long de la journée, on effectue un exercice de « pointage ». Nous recevons de l’information de la part des bureaux de vote sur les personnes qui ont déjà voté (sans savoir pour qui ils ont voté), et cela nous permet d’identifier les personnes qui ne se sont pas encore présentées au bureau de vote. Nous appelons ces personnes, encore une fois pour faire sortir le vote et s’assurer qu’elles vont aller voter. Cette opération s’effectue à chaque heure durant toute la journée de l’élection.

En un mot, comment décrirais-tu une campagne électorale ?

La fébrilité, les émotions. Les gens qui travaillent à une campagne électorale y mettent tellement de cœur. Après une trentaine de jours de campagne, tout le monde est épuisé et les émotions sont à fleur de peau.

Expériences de campagne de Gérald :

  • Référendum de Charlottetown (1992), bénévole PLQ
  • Campagne électorale provinciale de 1994, directeur adjoint au cabinet de Claude Ryan
  • Campagnes électorales provinciales de 1998, 2008 et 2012, comme bénévole
  • Campagne électorale fédérale de 2011, agent officiel
JOSIANE HÉBERT, directrice générale adjointe pour le Québec chez H+K Stratégies

Lors de la campagne électorale provinciale de 1994, Josiane a occupé le poste d’attachée de presse auprès du ministre des Transports, le libéral Normand Cherry, et était également directrice adjointe au cabinet du ministre. Elle a occupé auparavant les mêmes fonctions au cabinet de M. Cherry alors qu’il était ministre du Travail et ministre délégué aux Communautés culturelles.

À titre d’attachée de presse, Josiane a accompagné le ministre durant toute la campagne, à la fois dans ses déplacements dans sa circonscription de la région de Montréal, mais également dans les visites qu’il devait effectuer dans les autres régions du Québec afin d’épauler d’autres collègues candidats.

Comment se sent-on à la veille du déclenchement d’une campagne électorale ?

L’équipe de campagne a hâte de démarrer, mais en même temps, on sait que l’on s’embarque dans une période très intense. C’est un exercice nécessaire pour notre démocratie, mais lorsque tu es un membre du personnel politique ou un élu, c’est également une source d’insécurité puisque le résultat des élections déterminera si tu gardes ton emploi ou non. Ce n’est pas dans tous les métiers que ton poste se retrouve mis en jeux tous les 4 ans !

Quel a été pour toi le fait saillant de cette campagne électorale ?

Pour moi, c’est la finalité de la campagne qui a été marquante. En 1994, le PLQ a perdu le pouvoir aux mains du Parti Québécois (PQ). Le comté de Saint-Laurent, pour lequel M. Cherry se représentait à l’époque, était considéré comme un comté sûr pour les libéraux. De me retrouver le soir de l’élection dans un comté victorieux, puisque M. Cherry a remporté l’élection, mais de devoir assumer la perte du pouvoir pour le parti, a représenté un gros mélange d’émotions. Nous étions contents d’avoir gagné l’élection pour M. Cherry, mais cette joie se mélangeait à une déception profonde, en plus d’une grande incertitude puisque cela représentait pour moi la perte de mon emploi au cabinet ministériel. J’ai eu la chance de garder une place dans l’équipe de l’Aile parlementaire à l’Assemblée nationale après l’élection, mais plusieurs de mes collègues ont connu une période difficile suite à la défaite de 1994.  

Quel est le poste ou le rôle qui est selon toi le plus important dans une équipe de campagne ?

Pour moi ce sont vraiment les bénévoles qui sont les personnes les plus importantes. Tu ne peux pas faire une campagne en étant seul. Il y a bien sûr la base du personnel politique autour du candidat et son association de comté qui ont un rôle important, mais si nous n’avions pas de bénévoles de tous âges, de tous milieux et qui viennent des 4 coins du comté pour nous supporter et nous aider à mobiliser la population, nous n’irions pas loin !

En un mot, comment décrirais-tu une campagne électorale ?

Une course à obstacles. Certains obstacles sont franchis avec succès, mais il y en a d’autres sur lesquels tu trébuches. Les journées sont longues et intenses et tu dois littéralement t’acheter de nouveaux souliers de course en cours de route!

Expériences de campagne de Josiane :

  • Référendum de Charlottetown (1992), comme personnel politique
  • Référendum sur la souveraineté du Québec (1995), comme personnel politique
  • Campagnes provinciales de 1998, 2003, 2007 et 2008, comme bénévole
  • Campagnes fédérales 2000, 2004, 2006, 2008 et 2011, comme bénévole
  • Campagne au leadership de Jean Charest (1998), coprésidente de campagne
NADINE CAUX, Conseillère principale chez H+K Stratégies

Nadine a agi comme bénévole et militante, d’abord dans l’exécutif de la commission jeunesse du PLQ pour la région de Québec lors de la campagne de 2003, puis comme coordonnatrice aux communications pour la candidate du comté de La Peltrie lors de la campagne de 2014.

Quel rôle as-tu joué concrètement lors de ces campagnes électorales ?

En 2003, l’exécutif national de la commission jeunesse avait notamment comme rôle d’être présent lors des différents rassemblements un peu partout dans la province, afin d’assurer une présence et une représentation des jeunes pour le parti. Nous avions aussi un rôle de mobilisation auprès des jeunes afin qu’ils nous accompagnent lors des événements.

En 2014, comme coordinatrice aux communications, je m’occupais des communications pour la candidate du comté. Je faisais cela principalement les soirs et les fins de semaine puisque j’avais déjà un emploi à temps plein. Heureusement, je travaillais à l’époque pour un ancien ministre et celui-ci était donc très compréhensif de la situation et du fait que je devais parfois gérer certains enjeux pendant la journée.

Quel a été pour toi le fait saillant de cette campagne ?

Le soir de l’élection est un moment marquant. Tu ne peux plus rien faire, sauf attendre les résultats et tu ne sais pas ce qui va arriver même si tout ce qu’on souhaite c’est gagner.

Quel est le poste ou le rôle qui est selon toi le plus important dans une équipe de campagne ?

Il n’y en a pas un en particulier qui soit plus important, puisque c’est un travail d’équipe. Par contre, le candidat a un rôle central pour mobiliser toute l’équipe. Si le candidat n’est pas rassembleur, ou si au contraire il est prêt à foncer et à tout donner pour gagner, cela peut vraiment faire la différence sur l’équipe et sur la façon dont la campagne sera menée dans le comté. Le directeur de campagne peut aussi avoir ce même effet.

Y a-t-il un rôle dans une équipe de campagne que les gens ne connaissent pas vraiment?

Je crois que la plupart des gens voient surtout le candidat, mais ne pensent pas aux personnes qui travaillent derrière lui, qui montent son agenda, qui font des téléphones auprès des militants, qui préparent le candidat à ses activités dans le comté, qui rédigent ses messages, etc. On compte en général 4 ou 5 personnes qui travaillent auprès du candidat, mais les fins de semaine il y a beaucoup de bénévoles qui s’ajoutent et qui aident aux différentes activités.

Le jour et le soir de l’élection, que fait l’équipe de campagne ?

Le nerf de la guerre, c’est vraiment de faire sortir le vote le jour de l’élection ! Il faut que les gens aillent voter. Dans notre comté en 2014 on offrait même d’aller chercher les personnes âgées ou celles à mobilité réduite pour qu’ils puissent se rendre au bureau de vote.

En un mot, comment décrirais-tu une campagne électorale ?

Un feu roulant !

Expériences comme personnel politique (hors-campagne) de Nadine :

  • Adjointe à la directrice de cabinet, cabinet du ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (2009)
  • Attachée politique, cabinet du ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (2009-2011)
  • Attachée politique & Attachée de presse adjointe, cabinet de la ministre du Tourisme (2011-2012)